Classe inversée

Pédagogie inversée

Le concept autonomisant de « Flipped Classroom »

Avec l’explosion des TIC, l’enseignement tente de diversifier les pédagogies en cherchant à optimiser la plus-value des technologies par une intégration au sein de la classe. On a vu fleurir les CD, CD-ROM, DVD d’images et de sons exploitables comme documents authentiques, des logiciels d’aide à la pédagogie – des exerciseurs, des tableaux noirs qui deviennent blancs et numériques – les TBI/TNI, des plateformes de cours et d’enseignement à distance – Moodle par exemple. Les nouveautés techno-pédagogiques et le Web 2.0 ont permis un concept de dynamique horizontale de transmission des savoirs ainsi qu’une connaissance ascendante (Dominique Cardon, chercheur associé au Centre d’études des mouvements sociaux (CEMS/EHESS). Les rôles traditionnellement assignés aux acteurs de l’apprentissage ont alors été bousculés.

Ainsi, ce concept de pédagogie inversée est très en vogue dans les pays anglo-saxons car il réconcilie l’approche plus traditionnelle d’un enseignement qui distribue des cours, avec celui de l’enseignement accompagnant les apprenants dans des activités participatives et coopératives. Le principe fondamental reste que toute la partie magistrale réalisée d’habitude in cathedra est dispensée de façon électronique (ressources en audiogrammes et vidéogrammes, documents scripto-iconiques, visites virtuelles, conceptualisations d’idées etc.). Ainsi le temps de classe est consacré au travail d’équipe, aux discussions et aux activités d’apprentissage actives. Le temps passé en classe ne sert pas à faire des devoirs, mais à corriger ce qui a été mal compris et à en tirer des concepts que l’on peut alors approfondir soit dans le temps imparti de la salle de classe, soit hors de ses murs,  – ex-cathedra – par collaboration ou coopération électronique dans un document réalisé en individuel ou en groupe et déposé ensuite à l’intention de l’ensemble de la classe sur une plateforme techno-pédagogique.

Facteurs de réussite :

Partage des attentes avec les apprenants.

Comme dans une pédagogie de projet, dès le départ il faut discuter avec les apprenants de ce qu’on attend d’eux et de la façon de faire. Il faut que les élèves soient conscients que leur succès dépend de la préparation qu’ils feront avant d’aller en classe. Cela peut se faire éventuellement sur un forum de discussion.

Accès aux documents électroniques.

Pour que les apprenants se préparent, ils doivent avoir un accès illimité et facile en baladodiffusion aux documents audios (podcasting), vidéos (vocasting) ou autres. Ceux-ci ne doivent pas être trop longs mais sectionnés en unités simplifiées et qui soient adaptés au niveau de compréhension de l’apprenant. Il est à noter que la chaîne de vidéo en ligne YouTube, a récemment créé un espace spécifique pour la mise en ligne de vidéos éducationnelles sur YouTube for schools ce qui confirme l’intérêt des acteurs des technologies de partage en ligne pour ce concept.

Proactivité et réactivité de l’enseignant.

Il doit être présent pour ses élèves, répondre rapidement aux courriels, participer aux forums de discussions, proposer et adapter avec souplesse des activités permettant la réappropriation du contenu vu en ligne.

En conclusion, nous avons pu observer que les étudiants d’un programme observant cette pédagogie inversée ont beaucoup moins d’absences que les étudiants d’un programme de cours traditionnel et qu’ils s’investissent beaucoup plus dans les activités et les recherches complémentaires. À une très grande majorité les apprenants aiment cette façon de faire, ce qui a été vérifié dans les questionnaires d’évaluation de cours en fin de semestre. Ils disent apprendre à leur rythme, ne pas avoir à rester assis à écouter un enseignant parler et apprendre en faisant des recherches utiles qu’ils peuvent partager à d’autres. « Après tout, n’est-ce pas l’utilisation la plus efficace du temps de classe et du talent des enseignants ? »

Bibliographie :

  • Larry D. ROSEN,Teaching the iGeneration, Educationnal Leadership February 2011 | Volume 68 | Number 5 – Teaching Screenagers Pages 10-15 (article en ligne)
  • Johnson, L., Smith, R., Levine, A., and Haywood, K., (2010). 2010 Horizon Report: K-12 Edition. Austin, Texas: The New Media Consortium. (article en ligne)
  • Pierre MERCKLÉ, Sociologie des réseaux sociaux, Collection Repères Sociologie – nouvelle édition 2011, La Découverte
  • Vincent LEMIEUX, Les réseaux d’acteurs sociaux. Paris, Presses Universitaires de France, 1999.
  • François MANGENOT, « Usages et recherches dans le domaine de l’apprentissage des langues assisté par ordinateur ». in Legros, D. & Crinon, J. (dir.), Psychologie des apprentissages et multimédia, Armand Colin, Paris, 2002.
  • Pierre RABARDEL, Les hommes et les technologies. Une approche cognitive des instruments contemporains, Armand Colin, Paris, 1995.
  • Paul-Armand BERNATCHEZ, Attitude proactive, participation et collaboration à des activités d’encadrement médiatisées par ordinateur, thèse sciences de l’éducation, option andragogie nov.2004

Webographie :

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